Souhaibou DIOUM : à cœur ouvert

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« Les procès politiques ne se gagnent pas devant les magistrats, ils se gagnent devant l’opinion » disait Abdoulaye Wade à quelques semaines du procès de Karim Wade, accusé d’enrichissement illicite.

De tous les procès qui se sont tenus jugeant une personnalité politique, l’opinion est presque convaincue d’une cabale orchestrée pour éliminer un adversaire politique.

Qui a cru aux centaines de milliards détournés par Karim, qui a cru à l’histoire de la caisse d’avance évaluée à moins de 2 milliards qui a plombé les ambitions de Khalifa à la veille de joutes électorales déterminantes (législatives 2017 et Présidentielles 2019), le timing était plus que troublant.

La British Brodcasting Corporation (BBC), rafiodiffuseur de service public britannique a, dans son enquête d’investigation, mouillé British Petroleum (BP), la compagnie pétrolière britannique, de corruption à hauteur de milliers de milliards de Francs Cfa et de trafic d’influence sur le ressources pétrolières du Sénégal par l’entremise de Aliou Sall, de surcroît frère du Président.

Devant la gravité des accusations, un timide appel à témoins est tenu par la justice sénégalaise pour étouffer l’affaire et finir par le laver à grande eau.

Boughazelli Seydina Fall, ce député de la mouvance présidentielle, pris la main dans le sac, preuves accablantes à l’appui,dans un scandale de trafic de faux billets de banque, se voit accordé une liberté provisoire, pour ne pas dire liberté définitive après quelques mois de détention sans doute pour faire taire les grognements de l’opinion face à la sélectivité de la justice.

De deux choses l’une, l’opinion retient que l’issue des procès de personnalités politiques est fortement corrélée à la coloration politique et aux liens de sang avec le prince.

Mes évocations sont factuelles. Je ne charge, ni décharge qui que ce soit.

L’affaire Ousmane Sonko et la masseuse ne sera jamais élucidée hélas. La justice, dernier rempart dans un Etat de droit, a fini par perdre sa crédibilité aux yeux de ceux pour qui elle dit le droit (le peuple).

Ousmane Sonko niera à bloc. Le peuple croira fermement à un complot et la justice perdra encore et encore en crédibilité.

Les dégâts collatéraux à vouloir se servir de la justice, finit par perdre la sacralité de toutes les institutions, gages  d’une démocratie représentative.