Moussa Gningue sort de son mutisme

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Bonsoir chères populations des Parcelles Assainies. Je sais que vous êtes restées très longtemps sans avoir une communication du « Mouvement Aimer les Parcelles Autrement ». Nous vous en présentons toutes nos excuses. Mais sachez chers amis que plusieurs raisons expliquent notre mutisme:

  • la première est que nous pensons que trop de communications
    tue la communication
  • la deuxième est que nous avions jugé nécessaire d’attendre à être édifiés sur des questions aussi importantes que la fixation de la date des élections locales et sur la détermination de la caution à verser pour participer à ces élections.
  • la troisième était liée à un travail qui a été effectué par les membres fondateurs du mouvement et qui a consisté à aller vers les citoyens parcellois de toutes catégories sociales et socio-professionnelles pour d’abord, informer sur notre mouvement notamment à ce qui a trait à ses objectifs, à ses ambitions pour les parcelles assainies mais surtout informer sur ses grands axes programmatiques en vue d’aller vers une véritable gouvernance de notre chère commune. Une gouvernance qui se veut inclusive, participative et orientée vers des valeurs d’éthique, de transparence , d’équité avec l’élaboration et la mise en œuvre de projets innovants dont leurs réalisations s’adossent à des mécanismes innovants de financement.
    Voilà chers amis parcellois, les raisons pour lesquels le mouvement ne s’est pas faire entendre depuis un certain temps.
    Cependant, l’objet de cette contribution consiste à partager avec vous quelques difficultés que traversent notre territoire et dont les autorités municipales ne peuvent y apporter les solutions idoines.
    En effet, c’est vers les années 1980-1984 que les parcelles assainies ont été crées avec l’aide des institutions de Bretton Woods particulièrement la Banque Mondiale. Il s’agissait entre autres, pour les pouvoirs publics, de créer une nouvelle zone vaste, destinée à l’habitat et qui puisse favoriser la mise à disposition de terrains et de logements pour des agents de l’Etat et ceux du secteur privé mais aussi d’autres catégories professionnelles qui ont des difficultés d’accès à un habitat et/ou au foncier. Ceci a permis à une bonne frange de la population active de la ville Dakar et de ses environs, à s’installer. Ainsi, le dynamisme économique des parcelles ainsi que ses avantages au plan géographique (position par rapport au centre ville, desserte maritime etc) ont favorisé un intérêt chez beaucoup de personnes à habiter cette localité. Aujourd’hui, les Parcelles à elles seules font plus de cinq cent mille à six cent mille habitants (500 000 à 600 000).
    Chers amis, rien qu’avec ce petit diagnostic, il est aisé de comprendre que les Parcelles Assainies présentent de réelles possibilité de développement. Seulement, il faut une très bonne vision pour réaliser ce développement. On peut même affirmer que les perspectives de développement restent assombries par les difficultés de tous bords auxquelles notre localité est confrontée. Celles ci peuvent être résumées comme suit:
  • Aucune initiative allant dans le sens d’organiser et d’accompagner le tissu économique des parcelles assainies. Aujourd’hui, les acteurs du secteur informel ne sont pas valorisés, les marchés, véritables lieux de commerce ne sont ni modernisés ni organisés. Bien qu’il y est la présence d’établissements financiers comme les banques et autres sociétés d’assurance, les parcellois ont des difficultés à accéder au financement de leurs activités et /ou projets. Les femmes qui représentent une frange importante dans l’économie locales se soucient d’un manque de formation, de structures adéquates à leur disposition pour d’une part, dialoguer, échanger, s’entre aider et créer les conditions de leur développement personnel. Les jeunes sont désœuvrés sans perspectives et sans encadrement pour leur insertion dans la vie économique et sociale de leur localité.
  • Sur le plan social, force est de constater que l’éducation et la formation des enfants parcellois méritent d’être renforcées. Et pour cela, il faut une concertation avec tous les acteurs à la base (inspection d’académie, directeurs d’écoles, enseignants, parents d’élèves, partenaires sociaux et élèves). Ce dialogue, outre son caractère permanent, doit déboucher sur de véritables conclusions, concrètes et réalisables dans un délai acceptable. L’école parcelloise souffre de matériels didactiques, de cadre pour favoriser l’excellence chez les élèves et de motivation du personnel enseignant
    Pour ce qui est de la santé, toutes les structures de santé existantes sont dépourvues de matériels et même de personnels pour la prise en charge des patients. Ici également l’accent doit être mis sur une large concertation entre acteurs pour juguler les maux du secteur. Il est important aussi de mettre l’accent sur la prévention après étude sur les maladies récurrentes dans la localité.
    En ce qui concerne la gestion du cadre de vie et de l’Environnement, tout le monde est d’avis que les parcelles assainies, jadis localité très propre, sont devenues même un dépotoir d’ordures. Les saletés dans les rues ont créé un mal vivre avec de la poussière et des tas d’immondices qui jonchent toutes les voies de passage pour populations. Les parcelles ne présentent aucune place publique aménagé avec un verdissement digne de ce nom qui puisse permettre aux citoyens de lieux de détente et de convivialité. Hormis quelques rues pavées, toutes les autres présentent un caractère hideux. A cela, il faut ajouter l’absence d’aménagement de la plage des parcelles assainies qui, une fois fait pourrait jeter les bases de développement d’un tourisme locale respectueux de nos valeurs culturelles. Les parcelles assainies bien que proches de la mer, sont une zone très pollué par l’effet d’une absence de véritable mécanisme de gestion du territoire, de non respect des normes en matière de construction et de démolition de bâtiments.
    L’assainissement pose un véritable problème car les parcellois maintenant connaissent le phénomène des inondations.
    Mes chers amis, ces quelques problèmes énumérés ne reflètent en aucun cas l’exhaustivité des problèmes car, dans tous les domaines de compétences transférées aux collectivités territoriales, des problèmes demeurent au niveau de la commune des parcelles et ceux ci doivent être solutionnés.

Cependant, chers parcellois nous ne devons nullement être fatalistes car des solutions existent.
Ainsi, notre vision pour nous « aimer les parcelles autrement », c’est de créer d’abord un large cadre de concertation avec tous les parcellois et ensemble y trouver les voies les plus crédibles pour asseoir un véritable développement à la base. Notre crédo consiste à opter pour de véritables mécanismes de financements innovants, mais aussi le renforcement de la coopération décentralisée qui est également un levier porteur pour le développement.

Alors chers amis parcellois, sachons que nous ne pourrons jamais affirmer notre amour pour les parcelles si nous ne nous penchons pas sur ces questions en vue d’y apporter les solutions qui s’imposent pour le bien de chaque parcelloise et de chaque parcelllois.